Friday, September 10, 2021

L'ancien président du Conseil de l'UE et leader de l'opposition polonaise Donald Tusk n'exclut pas que son pays quitte l'UE.

10. Septembre 2021 Varsovie (dpa) - L'ancien président du Conseil de l'UE et leader de l'opposition polonaise Donald Tusk n'exclut pas que son pays quitte l'UE. La Pologne pourrait cesser d'être membre de l'UE "plus tôt qu'il n'y paraît" si la campagne actuelle du parti national-conservateur au pouvoir, le PiS, dégénère, a déclaré M. Tusk à la chaîne de télévision TVN24, vendredi. M. Tusk est le chef par intérim du plus grand parti d'opposition polonais, la Plate-forme civique, un parti libéral-conservateur. Il y a deux jours, un haut représentant du PiS avait mis en doute la poursuite de la coopération de la Pologne avec l'UE, déclenchant un débat national. "Nous devons réfléchir à la manière dont nous pouvons aller plus loin, coopérer davantage pour que nous restions tous dans l'UE, et pour que cette UE soit acceptable pour nous", avait déclaré le chef du groupe parlementaire PiS, Ryszard Terlecki, lors d'un forum économique à Karpacz mercredi, en faisant référence au Brexit. La Pologne devrait également envisager des "mesures drastiques". Un porte-parole du gouvernement a ensuite souligné que la sortie de la Pologne de l'UE n'était pas prévue. Le différend qui oppose Varsovie et Bruxelles au sujet des réformes judiciaires polonaises s'est récemment intensifié. Mercredi, la Commission européenne a demandé à la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) d'imposer des sanctions financières à la Pologne. Le contexte est l'activité continue d'une chambre disciplinaire pour punir les juges polonais. Dans le même temps, le Premier ministre hongrois de droite nationaliste, Viktor Orban, s'est rangé du côté de Varsovie dans le conflit concernant les réformes judiciaires polonaises. La récente demande de sanctions financières de la Commission européenne à l'encontre de la Pologne est "sans précédent", selon une résolution gouvernementale signée par M. Orban et publiée par le Journal officiel hongrois tard dans la nuit de jeudi à vendredi. "La Hongrie défend la Pologne", indique le document. Avec sa demande de sanctions, la Commission européenne a "violé de nombreux éléments de la souveraineté d'un État membre". La ministre de la justice, Judit Varga, va maintenant examiner comment la Hongrie peut intervenir dans la procédure en faveur de la Pologne qui est en cours devant la Cour européenne de justice (CEJ). L'État de droit pose également problème en Hongrie, qui est dirigée par M. Orban depuis 2010. Entre autres choses, selon les critiques, le ministère public hongrois est tellement contrôlé par les loyalistes d'Orban que les procédures pour corruption présumée concernant le parti au pouvoir, le Fidesz, et la famille Orban ne sont pratiquement jamais engagées. La Hongrie et la Pologne reçoivent d'importants paiements de transfert de l'UE. Les deux pays considèrent l'insistance de l'UE sur l'état de droit dans la gestion de ces fonds comme un empiètement sur leur "souveraineté". © dpa-infocom, dpa:210910-99-163325/3